Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

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Mais que fait le Conseil fédéral sur le projet d’Accord-cadre avec l’Union européenne ? Lors de sa séance du 7 décembre 2018, il indiquait que le résultat des négociations correspondait dans une large mesure aux intérêts de la Suisse et au mandat de négociation, mais qu’il renonçait à parapher ce texte pour obtenir des clarifications sur les mesures d’accompagnement et sur la directive relative au droit des citoyens de l'Union. Depuis lors, la politique du Conseil fédéral n’est que valse-hésitation.

Or, nos rapports avec l’Union européenne sont essentiels pour notre avenir. C’est la première question de politique étrangère et économique de notre pays. Et sur ce sujet, notre gouvernement est incapable de montrer du leadership et d’apporter des réponses claires à la population. Quel est l’intérêt de ces accords ? Si nous les refusons, quelle alternative proposer ? L’ouverture de négociations pour l’entrée de la Suisse dans l’UE ? Un retour aux accords de libre-échange de 1972 ? Quelles en seraient les conséquences pour les Suisses, leurs entreprises, nos hautes écoles, notre recherche, plus globalement notre place en Europe et dans le monde.

Sur ces questions, le Conseil fédéral se doit de nous apporter une réponse et une stratégie. Au lieu de cela, il nous donne le sentiment d’être déboussolé et impréparé à traiter de questions de cette importance. Un gouvernement désuni qui ne trouve plus de consensus en son sein ou, sorti de sa zone de confort, est apeuré par la perspective de devoir se battre pour défendre une option qui serait critiquée par l’UDC et par l’Union syndical suisse. Pourtant, porter et défendre une stratégie devant le peuple, quitte à perdre, est l’essence même de la mission de nos Conseillers fédéraux.

Malheureusement, le Conseil fédéral à force de tergiverser et de ne prendre aucune décision a creusé sa propre tombe. La nature ayant horreur du vide, certains se sont engouffrés dans la brèche déclarant cet accord mort.

Il est temps de réagir. Pour filer la métaphore avec le titre de ce papier, je dirai que nous entendons dans les haut-parleurs de l’aéroport de Berne-Belp, « last call / dernier appel / letzter Aufruf » pour le Conseil fédéral pour le vol Berne-Bruxelles…

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