La Suisse n’a pas de matière première, elle doit investir dans le savoir

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La Suisse doit sa prospérité à sa capacité d’innovation. Cette qualité nous la devons à nos ressources entrepreneuriales, académiques et humaines. Au niveau de la Confédération, les Ecoles polytechniques fédérales sont les navires amiraux de la recherche. C’est en 1855 déjà que la Confédération a fondé un institut « polytechnique » avec pour mission d’accompagner la transition vers l’industrialisation et former de la main-d’œuvre spécialisée pour la construction de chemins de fer, l’industrie chimique et l’industrie des machines. A l’époque déjà, il s’agissait de se montrer concurrentiel par rapport à l’étranger.

Aujourd’hui, comme en 1855, il est essentiel de se montrer à la pointe de l’innovation alors que nous traversons ce qu’il est communément appelé la quatrième révolution industrielle, l’ère de la numérisation. La nécessité d’investir dans le savoir est primordial non seulement pour rester compétitif au niveau mondial mais aussi pour y apporter du sens et répondre aux défis de notre temps : big data et protection de la sphère privée ; cerveau augmenté ; cyber-sécurité ; eugénisme ; numérisation ; réchauffement climatique ; mobilité ; biodiversité ; … Ce sont autant de thématiques cruciales qui nécessitent des réponses conformes à nos valeurs suisses et européennes pour éviter la domination des acteurs américains ou chinois. Les emplois et la prospérité de demain sont aussi en jeu, avec un important travail de transfert de technologie pour que nos entreprises valorisent la recherche réalisée au sein de nos hautes écoles.

Pourtant, en 2016, le Conseil fédéral et une majorité composée d’UDC, de PLR (malgré l’opposition notoire de certains) et de PDC ont refusé d’augmenter l’enveloppe budgétaire allouée au programme fédéral d’encouragement à la formation, à la recherche et l’innovation, argumentant que la Confédération allait connaître des déficits. C’était à mon sens une mauvaise décision. Si la bonne tenue des finances fédérales est importante, il faut savoir investir dans la recherche pour que la Suisse reste en tête dans le domaine et continue à créer des emplois à hautes valeurs ajoutées. C’est essentiel surtout dans une période incertaine quant à notre participation aux programmes-cadres de recherche européen. C’est primordial aussi parce que le nombre d’étudiants et de doctorants augmentent et qu’il convient de leur offrir d’excellentes conditions de travail.

 

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