La finance durable fait partie d’une politique environnementale innovante

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La définition d’une politique environnementale innovante et ambitieuse fait partie de mes priorités. La finance durable a toute sa place dans cette démarche qui doit se montrer incitative et non pas coercitive. Certains politiciens diabolisent systématiquement notre place financière, ce qui les rend incapables de réfléchir au rôle que ce secteur économique peut jouer dans la transition vers davantage de durabilité. Rappelons tout d’abord que le secteur bancaire et financier représente environ 10 % du PIB national et 12 % du PIB genevois. Rien que dans notre canton, il génère plus de 35'000 emplois très qualifiés. Les acteurs de la place sont en particulier spécialisés dans le domaine de la gestion privée et institutionnelle. Les actifs sous gestion en Suisse atteignent près de CHF 7'000 milliards.

En 2018, le volume des placements durables dans notre pays a connu une croissance spectaculaire de plus de 80% pour dépasser les CHF 700 milliards. Cela démontre que la demande est là. Elle provient avant tout des investisseurs institutionnels et des caisses de pension. Ces dernières s’inscrivent de plus en plus dans une stratégie durable et incitent leurs gestionnaires à développer des produits répondant à ces exigences, tout en assurant les rendements indispensables au service des rentes.

Il faut voir là une formidable opportunité pour la gestion d’actifs en Suisse ! Le monde politique doit faciliter la tâche des investisseurs et des gestionnaires en élaborant des conditions-cadres réglementaires et fiscales propices à ce développement. Cela passe par l’assouplissement des cautèles beaucoup trop rigides imposées aux caisses de prévoyance dans leur allocation d’actifs. Cela implique aussi la suppression du droit de timbre qui empêche le marché suisse de devenir un émetteur d’obligations vertes (les fameux « Green Bonds ») d’importance internationale.

Le virage vers la finance durable implique également une formation des collaboratrices et des collaborateurs. Ce défi touche aussi bien l’apprentissage que la formation continue et académique. Nos écoles et universités ont déjà commencé à le relever en proposant des modules dédiés à cette industrie d’avenir.

Enfin, c’est l’ensemble des forces en présence à Genève qui doit montrer la voie en fédérant les compétences. Le canton, la Ville, les organisations onusiennes, les ONG, l’Université et la place financière représentent les maillons d’une chaîne de valeur unique au monde dans le domaine de la finance durable.

Toutes ces parties prenantes se sont d’ailleurs unies pour mettre sur pied le sommet « Building Bridges » du 10 octobre prochain consacré à la finance durable et aux objectifs de développement durables de l’ONU.

La politique suisse doit également se montrer capable de dépasser ses clivages traditionnels pour soutenir la finance durable et permettre à la Suisse de devenir dans ce domaine la plate-forme de référence sur le plan mondial.

 

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