L’Europe des sciences

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Dans mon dernier blog, j’ai eu l’occasion de dire à quel point les destins de la Suisse et de l’Union européenne sont imbriqués. Nous sommes au cœur de l’Europe. Nous avons besoin d’elle ; elle a besoin de nous. Et s’il y a bien un domaine qui est emblématique de ces liens, c’est la science.

La Suisse vit du savoir et de l’innovation. Nos centres de recherches privés ou publics sont mondialement réputés. Cette excellence n’est pas le fruit du hasard. C’est avant tout parce qu’ils sont ouverts sur le monde et parviennent à attirer les meilleurs cerveaux au sein de nos hautes écoles. Ils sont productifs parce qu’ils interagissent avec les plus prestigieux centres de recherche à l’étranger.

Pour des motifs culturels et géographiques, le bassin naturel de la recherche scientifique est l’Europe. A ce titre, comme le soulignaient d’éminents membres de la communauté scientifique dans une tribune du journal Le Temps du 21 juin 2019 (https://www.letemps.ch/opinions/rester-un-partenaire-solide-leurope-sciences), la votation de février 2014 sur l’immigration de masse a valu à la Suisse une perte d’environ 20 % des fonds européens de recherche et une perte d’accès aux grands programmes et réseaux scientifiques européens. L’effet se fera sentir sur la durée, nos emplois et notre compétitivité s’en ressentira.

Sur ce sujet en particulier, il est essentiel de clarifier très rapidement notre position à l’égard de l’Union européenne. En effet, le programme Horizon Europe – doté d’un montant de 97,2 milliards d’euros - se négocie en ce moment et, sans avancée claire dans l’accord institutionnel, nos chercheurs risquent de se voir refuser des fonds de recherche. L’Accord-cadre, négocié âprement par les diplomates suisses, est globalement un bon accord. Si certains points peuvent encore être clarifiés, nous devons commencer le processus de ratification pour envoyer un message clair à nos partenaires européens. Dans le cas contraire, l’incertitude aura des conséquences désastreuses sur le long terme pour nos scientifiques et nos universités.

 

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