02/03/2018

À quand une véritable politique culturelle à Genève ?

shutterstock_550069645.jpgLancée en août 2017, l’initiative populaire « Pour une politique culturelle cohérente à Genève » ne propose rien de fondamentalement nouveau. Tout au plus permettra-t-elle d’inscrire dans la constitution ce qui figure déjà dans la loi. Cette initiative a néanmoins le grand mérite de mettre en lumière les craintes justifiées des milieux culturels du canton et l’absence cruelle de vision politique en la matière. En 2015, Genève se plaçait au 2ème rang des cantons suisses les plus généreux dans le domaine culturel, avec une moyenne de 820 francs dépensés par habitant. Seul Bâle-Ville nous devance avec 1'240 francs par habitant, alors que Vaud (320 francs) et Zurich (317 francs) se trouvent loin derrière. Dès lors, comment expliquer la cacophonie ambiante et la difficulté de parvenir à une offre culturelle ambitieuse, équilibrée et à la hauteur de notre rayonnement international ?


À l’heure des réseaux sociaux et des « fake news », le rôle de la culture revêt une importance primordiale. En tant que vecteur de transmission de valeurs, elle doit nous permettre de rassembler, d’affirmer notre identité et de donner du sens à notre histoire comme à notre avenir. Elle est simplement essentielle dans un monde qui tend à s’uniformiser où le matérialisme et le consumérisme deviennent rois.

Malgré la présence de nombreuses institutions culturelles de renom, Genève semble embourbée dans l’immobilisme. Pourtant, le cadre légal ne saurait être plus clair. La loi sur la culture demande au Conseil d’État de définir les grandes orientations de sa politique culturelle. La loi sur la répartition des tâches, quant à elle, réaffirme cette ambition et renforce la demande de concertation avec la commission consultative de la culture et avec les communes. Hélas, force est de constater que ces quatre dernières années, le Canton n’est pas parvenu à esquisser les premières lignes de ces « grandes orientations ». La situation actuelle n’est donc pas le résultat de lois insuffisamment précises, mais bien du désintérêt du Département de l’Instruction publique, de la culture et du sport chargé de les mettre en œuvre. Nous devons maintenant faire des choix et définir des priorités claires. Les pistes concrètes ne manquent pas, contrairement à la volonté politique.

Il est grand temps de faire sortir de l’ornière le Grand Théâtre en résolvant le problème du statut du personnel qui empêche de se projeter sereinement dans l’avenir. Le Musée d’art et d’histoire (MAH) attend inexorablement de se doter d’une vraie vision et d’un projet muséal ambitieux qui redonne l’envie aux Genevois et aux touristes de s’y rendre. Nous devons par ailleurs trouver un financement durable et pérenne pour la Nouvelle Comédie pour que les spectacles donnés soient à la hauteur de l’écrin qui y sera construit, tout comme pour la future Cité de la musique.

Les budgets sont importants et doivent le rester. Mais ils ne sont pas non plus infinis, d’où la nécessité de mettre en place une véritable stratégie à moyen et long terme qui permettra aussi de rassurer les acteurs de la culture dans notre canton. Les Genevois auront prochainement un rôle à jouer en élisant des responsables politiques prêts à s’investir dans ce domaine.

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Commentaires

Commencez pas mettre un homme ou une femme cultivé au poste de ministre de la culture ça changera un peu!

Écrit par : dominique degoumois | 05/03/2018

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