09/11/2017

Le Cartel intersyndical est-il encore un partenaire de négociation ?

Untitled design.jpgFruit d’une longue tradition de négociation entre représentants des employeurs et des employés, le partenariat social est incontestablement une des forces de la Suisse. C’est une culture précieuse qu’il convient d’entretenir, de renforcer, et dont les conditions préalables doivent en tout temps être respectées. Ainsi, l’établissement d’un dialogue constructif nécessite une prise de responsabilité des acteurs concernés ainsi qu’une volonté ferme et réciproque de parvenir à un accord raisonnable. Celui-ci doit être envisagé en fonction de ce qui est possible et souhaitable, non seulement pour les personnes dont les intérêts sont défendus, mais aussi plus généralement pour le bien public. La présence de syndicats forts et représentatifs est généralement une des clés du succès de ce processus délicat. À l’inverse, un syndicat peu représentatif aura tendance à montrer ses muscles pour tenter de légitimer son existence et son utilité, parfois même aux dépens de celles et ceux qu’il est censé représenter. 


Le bras de fer qui est en train de s’installer entre le Cartel intersyndical et l’Etat de Genève donne la désagréable impression que le Cartel s’enferme dans une posture d’opposition et refuse toute forme de dialogue. Qu’il s’agisse du projet SCORE (mise à jour de la grille salariale des employés de l’Etat) ou de la réforme de la CPEG (recapitalisation de la caisse de pension), la même attitude a réduit à néant toute chance de négociation. Feignant d’ignorer la nécessité absolue de ces réformes, même sur le fond, le Cartel a d’emblée laissé entendre que peu importe ce que proposerait l’Etat, sa réponse se résumerait à un refus cinglant et sans appel. Rappelons qu’il s’agit, dans un cas comme dans l’autre, d’enjeux majeurs pour l’attractivité de la fonction publique et pour les finances de notre canton. La posture d’évitement du Cartel ne rend service ni aux fonctionnaires ni aux habitants de notre canton. 

Visiblement enclin à l’escalade des tensions, le Cartel menace désormais de faire grève si le Conseil d’Etat ne répond pas à ses revendications. Mais quelles sont-elles ? Retirer les deux projets de loi, tout simplement, et ne rien faire. Ces méthodes révèlent non seulement un manquement grave à la responsabilité qui lui incombe mais aussi un mépris manifeste des principes élémentaires de la négociation et du partenariat social. Les employés de la fonction publique se reconnaîtront-ils dans cette démarche contre-productive et jusqu’au-boutiste ? Rien n’est moins sûr. 

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Commentaires

Comique !

Votre job, au plan politique, tel que vous l'envisagez, semble certes la défense du capital.


Ce n'est pas une raison pour dire n'importe quoi sans argumentation.

Chercher à se faire élire est une chose. Reprocher aux autres un manquement

grave à la responsabilité ( lol...) en est une autre.

Écrit par : Vladimir | 09/11/2017

Bonjour Monsieur,

Mon rôle, tel que je l’envisage, est la défense de l’intérêt public qui semble à l’heure actuelle bien loin des préoccupations du Cartel.

Cordialement

Écrit par : Alexandre de Senarclens | 09/11/2017

Merci Monsieur, pour votre réponse.

La défense de l'intérêt public, oui.

Pensez-vous que l'on puisse reprocher aux "syndicalistes" d'être davantage motivés par la défense de leurs intérêts personnels que les "nantis" ?

Comment un politique peut-il affecter de croire à cette blague ?

Pour gagner des voix ?

Allez, vivent les entreprises, par exemple, qui vont créer 23 emplois dans notre canton, et échapper à 150 millions d'impôts !

Cordialement.

Écrit par : Vladimir | 09/11/2017

Voilà un billet pour le moins... Impressionnant. Impressionnant de naïveté, où de mauvaise foi, je ne sais pas.

Le cartel intersyndical n'a eu cesse de demander à être consulté tout au long du processus score. Il a également demandé la mise en place d'un groupe de travail ou au moins de négociations. Tout a été balayé par le conseil d'état qui refuse également d'expliciter certaines aberrations du projet.

Concernant la CPEG, c'est encore plus piquant de constater qu'on propose de nouvelles réformes alors que la caisse suit le chemin de croissance imposé au niveau fédéral...

Donc oui, le cartel exprime un ras le bol de ses membres vis-à-vis d'un gouvernement qui fait ce que bon lui semble sans se préoccuper des partenaires sociaux.

Comme vous l écrivez en début de billet, "le partenariat social est incontestablement une des forces de la Suisse. C’est une culture précieuse qu’il convient d’entretenir, de renforcer, et dont les conditions préalables doivent en tout temps être respectée". Dommage que le conseil d'état ne voie pas les choses ainsi... Et surtout dommage que vous blamiez le cartel pour cela.

Écrit par : Loïc | 09/11/2017

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