24/08/2017

La technologie blockchain au service des entreprises genevoises

hacker-1944688_960_720.jpgLe Conseil d’Etat genevois a annoncé hier le lancement d’un nouveau portail en ligne visant à faciliter les démarches administratives pour les entreprises. Rendue possible notamment grâce à la technologie blockchain, cette initiative portée par Pierre Maudet représente une avancée majeure en matière de cyber administration. Grande première en Suisse, le canton de Genève va ainsi pouvoir tester cette technologie prometteuse pour son registre du commerce. Qu’est-ce que la blockchain et pourquoi se réjouir de notre rôle pionnier dans ce domaine ? Quelques éléments de réponse. 

 

 


Une technologie révolutionnaire

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations. Pour mieux comprendre le fonctionnement de cette base de données singulière, le mathématicien Jean-Paul Delahaye suggère d’imaginer "un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement, gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, qui est impossible à effacer et indestructible."

La blockchain présente les avantages d’être transparente, sécurisée et de pouvoir fonctionner sans organe central de contrôle. Chacun est libre de consulter l’historique de toutes les transactions effectuées entre ses utilisateurs. La technologie étant fondée sur des échanges entre pairs, personne ne peut se l’approprier. Contrairement à d’autres bases de données, elle est répartie sur différents ordinateurs du réseau et ne peut donc être piratée. Tel qu’exprimé par le Professeur Klaus Schwab (WEF), la blockchain crée de la confiance en permettant à des personnes qui ne se connaissent pas de collaborer sans avoir à passer par une autorité de régulation et de contrôle neutre.

Née en même temps que les premiers bitcoins en 2009, puisque il s’agit de l’infrastructure sur laquelle repose cette monnaie virtuelle, la blockchain a depuis affirmé son potentiel dans de nombreux domaines. De la traçabilité des denrées périssables aux titres de propriété en passant par les dossiers médicaux, les applications de cette nouvelle forme de registre partagé semblent sans limites. De nombreux observateurs lui prédisent un impact sur les modèles économiques comparable à l’arrivée d’internet.

Quels avantages pour nos entreprises ?

Concrètement, le système mis en place par l’administration publique genevoise permet aux citoyens et aux entreprises de commander en ligne un extrait numérique avec son reçu et de vérifier que cet extrait électronique a bien été délivré par l’Etat de Genève, grâce à un service de validation. Plutôt que de devoir se rendre au guichet du registre du commerce ou d’attendre plusieurs jours l’envoi par poste d’un extrait, les administrés peuvent désormais être servis en quelques clics. La vérification de la conformité des documents s’en trouve facilitée pour les notaires et les banques. En outre, la numérisation du processus rend la fraude impossible.

Un signal positif pour Genève

Bien que le projet soit pour l’instant en phase d’essai, cette solution pourrait à terme être élargie à d’autres secteurs de l’administration, aussi bien cantonale que fédérale. Soutenue par la Confédération dans le cadre du programme E-Government Suisse, cette opération démontre que Genève dispose du dynamisme et des atouts nécessaires pour ouvrir la voie de la transformation numérique. Le mérite revient à Pierre Maudet qui démontre, si besoin était, ses qualités d’homme d’action et de vision. Poursuivons ainsi et relevons les défis du 21ème siècle.

 

[1] La quatrième révolution industrielle, Editions Dunod, 2017.

 

18:34 Publié dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Grand Conseil, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

La voie de l`administration (et aussi du bancaire) numérique est désormais largement acceptée comme in-con-tour-nable. Cette voie va pourtant encore diminuer le nombre des emplois et, de plus, on reve doucement quand on essaye de se faire croire que "la numérisation rend la fraude impossible". Aujourd`hui, les stratégies militaires de pays puissants mais qui se sentent menacés tels la Chine ou la Russie se fondent notamment sur la mainmise des systemes numérisés militaires ET civils de l`adversaire potentiel en cas de conflit. Cela est désigné par le doux vocable de "guerre asymétrique". Si nous ne savons pas comment frauder le blockchain et autres systemes numérisés dont nous nous préparons a rendre nos sociétés "développés" ultra dépendantes, les spécialistes de la guerre asymétrique le savent fort bien. Pas qu`eux d`ailleurs puisque partout se multiplient les "petits génies" du hacking qui vendent leurs talents aux services secrets ou au crime organisé quand ils ne s`en servent pas pour semer la pagaille autour d`eux. Bref, l`administration blockchainisée, c`est bien du plaisir en perspective...

Écrit par : Jean jarogh | 24/08/2017

Pour être un peu plus explicite, j'attire votre attention sur le fait que la blockchain est effectivement un outil très intéressant pour les administrations et pour les entreprises puisqu'elle permet la suppression des intermédiaires.
J'espère juste que vous êtes conscient de ce que cela implique pour la plupart des cols blancs dont les métiers vont disparaitre.
Ainsi, pour ne donner que cet exemple, les notaires n'auront plus aucune raison d'être puisque cette technologie est garante de la validité de tout contrat. Je vous laisse faire les calculs tant en termes d'économies dans les transactions que dans la suppression des emplois.
En son temps, lorsqu'une journaliste m'inteviewait à Berne lors de la manifestation des taxis suisses, je lui ai fait remarquer que nous n'étions pas des dinosaures, mais les premiers d'une longue série de disruptions face auxquels nos élus ne sont pas préparés.
Je me réjouis d'ores et déjà de vous entendre lorsque la plupart des professions libérales, les avocats, les médecins seront remplacés par des outils plus performants, des machines intelligentes qui non seulement sont capables de sortir une jurisprudence complète sur des dizaines d'années, mais d'opérer des patients avec des robots.
Ne restera plus alors que la caractéristique créatrice du métier. C'est une excellente nouvelle en terme de qualité de vie, mais c'est un tsunami politique et économique auquel personne n'est préparé.

Écrit par : Pierre Jenni | 25/08/2017

Cher Monsieur de Senarclens,

Bondissant sur l'opportunité offerte par quelqu'un évoquant le "e-gouvernement", j'ai une ou deux questions sur le sujet. Par exemple ...

- comment compte-t-on les bulletins du vote électronique pour que tout le monde soit d'accord du résultat final ? Par exemple comment voit-on si un électron dit "OUI" ou dit "NON" ? Avec un microscope ?

- et, comment font les observateurs internationaux pour valider les élections, pour s'assurer du bon comptage des bulletins, s'ils ne peuvent pas eux-mêmes voir les électrons du vote électronique ? Est-ce qu'ils doivent apporter leur propre microscope _neutre_ ?

Merci pour votre réponse qui je l'espère me rassurera sur la visibilité de la démocratie suisse.

PS: est-ce qu'un système transitoire doux a été prévu pour éviter de traumatiser les appenzellois et les glaronais, qui aiment bien voir qui vote quoi, histoire de s'assurer plus de la compétence de leurs élus que de leur corruption ?

Écrit par : Achille Rebond | 26/08/2017

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